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Les pompes funèbres en crise

cercueilCela a commencé il y a un peu plus d’un an. Malgré les déclarations à la hausse de l’INSEE sur le nombre de décès, la mortalité a bien baissé cette dernière année. On évoque 5 %. Il suffit d’interroger les entreprises funéraires sur leur activité. Quand on leur pose la question sur les fameux 560 000 décès en 2013 contre 530 000 en 2012, personne n’a vu ses chiffres augmenté. Les petites entreprises n’y résistent pas, même les moyennes. Avec des investissements importants pour certains, comme les chambres funéraires ou des rachats d’autres confrères, la trésorerie fait cruellement défaut quand le nombre d’obsèques exécutés diminue , car les charges demeurent. Le journal Le Monde du 31 octobre 2014 évoque un doublement des faillites d’entreprises du funéraire (80 contre 40 habituellement) et on peut craindre que cela va se poursuivre. Le paysage funéraire se transforme. Alors que la fin du monopole avait eu pour conséquence une explosion des entreprises pour atteindre près de 4000 entités, la tendance actuelle est au regroupement. Ainsi OGF (Pompes Funèbres Générales) le leader, continue de racheter chaque année pour maintenir ses 20% de parts de marché, en espérant pouvoir rentrer en bourse après 3 LMBO. Des groupes financiers investissent également à tour de bras, c’est le cas d’Ophiliam qui par sa filiale Funécap ou sa marque Pascal Leclerc représente aujourd’hui (en seulement 5 ans) 70 M€ avec un objectif affiché de 120 ou 150 M€. Leur dernier tour c’est la prise de participation dans les Crématoriums de France. La marque Roc Eclerc a été racheté par le financier Abitan (Grand Optical) mais la franchise piétine avec environ 370 magasins contre les 500 annoncés. Plus problématique, les franchisés indépendants ne se livrent pas facilement à la discipline de centrale d’achat et une vraie politique commerciale nationale. Il y a fort à parier que cela devrait changer sous peu. Le goupe Sérénium évolue également avec un nouveau financier pour revendiquer 50 M€ aujourd’hui et afficher une ambition à 100 M€ à l’horizon 2020. Construit par des rachats massifs dans le grand Ouest à partir de la Société Mélanger, le groupe souhaite à présent s’étendre en rachetant ailleurs. Les petites entreprises sont celles qui souffrent le plus et de fait deviennent les proies des plus gros. Elles sont encore nombreuses mais pour combien de temps. Entre la crise et les prédateurs il y a fort à parier que le paysage funéraire aura bien changé en 2020. Seules résistent les SEM (société d’économie mixte) comme Paris Grenoble La Rochelle etc… mais là encore les enjeux sont différents car la collectivité est à l’appui, seul l’équilibre suffit. Enfin il faut citer les associations comme la très catholique des Services funéraires Catholiques mais là il n’y a plus d’obligation de résultat, seulement d ‘équilibre auquel s’ajoute la dévotion et le net fiscal. Bref pour bon nombre de Pompes Funèbres, c’est l’heure de l’enterrement, mais le leur.

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